Élevé en famille dans une maison rustique du village d’Al-Doweira, j’ai vécu une enfance à la fois rude et heureuse, m’attachant à tous les détails sociaux et naturels de cet environnement rural. À l’âge de 12 ans, j’ai été amené à quitter ce lieu en emportant avec moi autant de tristesse que de souvenirs pour poursuivre mes études en la ville de Soweïda.
Néanmoins, en développant mes perceptions et mon intellect, je finis par m’attacher à cette ville et, 6 ans plus tard, lorsqu’il fut temps pour moi de poursuivre mes études supérieures à Damas, ce nouveau départ me fut tout aussi douloureux.
Mon passage en la capitale Syrienne me permit d’étudier le droit. Dans ma vie, j’ai toujours visé très haut et, en me lançant dans ce parcours, j’avais déjà l’idée de pouvoir un jour devenir président de la république. Néanmoins, mon enthousiasme et mon discours politique a rapidement été menacé par mes adversaires tout puissant, me propulsant en prison et m’obligeant à entrevoir un autre avenir.
Malgré mon immense attachement envers ma patrie que je continuerai à porter en mon cœur toute ma vie, je choisis de quitter ma terre natale vers l’inconnu. À la veille de mon départ, je décrivis dans mon carnet d’or le déchirement que je vivais, entre le choix de rester ou de partir.
J’entame alors mon premier grand projet de vie, celui de parcourir le monde à cheval et de promouvoir la culture et l’aura de mon pays natal tout autour de moi. Cette expérience me poussera à régulièrement parcourir le monde et à devenir un ambassadeur de l’entente entre les peuples et les cultures.
À partir de 1986, je m’établis en France, y développe plusieurs entreprises et fonde une famille. Je reviendrai également m’établir en Syrie, faisant de ces deux pays, ces deux terres et ces deux peuples une seule et même patrie que je porte haut en mon cœur.
Années après années, je rassemble écrits, photographies et objets proches de mon âme dans ma maison à Soweïda, la transformant progressivement en une sorte de musée ressemblant à une bibliothèque ouverte sur le monde. Je passerai de longues heures à lire, écrire, mais aussi et contempler et photographier ces objets, comme si une intuition me poussait à les immortaliser.
Le 8 décembre 2024, la catastrophe survient. Non seulement dans ma maison ou ma ville, mais dans toute la Syrie. L’État s’effondre et le pouvoir est remis à des groupes armés qui tuent, détruisent et incendient, en représailles à ce qu’ils prétendent avoir subi.
Ma maison est pillée et brûlée, se transformant rapidement en un amas de ruines. En quelques instants, ma vie est anéantie. Malgré la profonde douleur et l’immense chagrin qui me terrassent, je finis par me relever et je décide de faire renaître ma vie à travers un espace virtuel.
Je vous invite aujourd’hui à visiter cette « nouvelle maison » que je souhaite vaste et accueillante. Peut-être y retrouverez-vous des images et visages qui vous seront familiers ? Je vous y partagerai également des mots et des intentions pour vous informer sur mes réflexions et mes futures actions…








